A publier un article après chacun de mes voyages me donne l’impression de faire un blog, il ne manque plus que mes bonnes adresses de brunch pour accompagner ces photos quelconques.

La photo est exigeante, pour moi elle nécessite – pour espérer seulement être réussie – d’être seul, de longues heures à développer une idée. Je prends quand même le temps de publier ces photos par plaisir tout d’abord, celui de les sélectionner, les retoucher et peut être avant tout de les raconter. Il est encore plus exigeant qu’une série puisse parler d’elle même, dans mon cas j’ai besoin de les accompagner de quelques mots.

Vous allez passer très rapidement ces photos et encore plus celles de cailloux et roches insignifiantes, elles ont pourtant marqué mon séjour lors d’une sortie photo à gravir une colline. Dans l’effort à grimper cette roche nue, la moindre forme de vie vous émerveille, d’abord celle des plantes qui sortent de nulle part rappelant la force insondable du vivant, celle de la faune à travers un lièvre à peine aperçu, un faucon au sommet régnant sur son territoire puis celle des formes gravées dans la roche révélant une esthétique aveugle de la superposition d’évènements naturels ancestraux, enfin, celle du passage de l’Homme comme dans cette carrière abandonnée. La roche est percée, brisée, mise à nue, déplacée. C’est tout aussi incompréhensible quand nous détruisons, défigurons cette nature pour de mauvaises raisons que remarquable lorsque nous la sculptons pour la rendre autrement belle en y imprégnant des formes, des associations singulières qu’elle n’aurait pu concevoir elle même.

Notre place est là, réussir à respecter notre environnement tout en nourrissant nos besoins et notre créativité.

Créer avec une liberté absolue, sans angoisses et recettes, console l’âme et ouvre un chemin pour le plaisir de vivre.

César Manrique (artiste canarien)

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